Association des Hyperinsulinismes
Transkarukera2013-07-31
L’association Transka a organisé la première édition d’un Ultra Trail en Guadeloupe, une épreuve de 120Kms pour 8300m de dénivelé positif.
Voici 3 mois que je m’entraîne pour cette épreuve et ce vendredi 26 juillet, à 22h15, me voilà au départ de la course à Basse-Terre.
Le départ est donné, nous prenons donc la direction des Monts Caraïbes à l’extrême Sud de l’île. Le sol est sec, le vent et l’air sont inexistants. Un début de course avec du mal à digérer les pâtes mangées 3h30 plus tôt, une atmosphère irrespirable, tout ce qu’il ne me faut pas. Il faut donc attendre le morne Vent Soufflé pour que je passe ce coup de chaud (vomissement, étourdissement) qui me mine le moral des premiers 10 Kms. Ce morne porte bien son nom et m’apporte un peu de fraîcheur, ce qui me remet doucement le pied à l’étrier. Mais 2ème coup de massue, le genou que je n’avais pas ressenti depuis le début se bloque… Après plusieurs mini-flexions, cela passe avec une légère douleur persistante. Je finis donc ces premiers 19 Kms avec de grosses incertitudes.
Afin de mettre toute les chances de mon côté, j’avais monté une assistance perso, que j’ai eu la surprise de voir, dans ces premiers moments difficiles.
Nous prenons ensuite la direction du Bassin Bleu, pour remonter le Galion. Ce n’était pas la première fois, mais de nuit cela change tout, seul au milieu de la rivière avec ses chutes d’eau, ses gorges, un moment inoubliable. Sortie de la rivière, direction la Citerne par la Trace des Poteaux, une ascension en ligne droite sous la ligne électrique. Le frais de l’eau et maintenant de l’altitude me donnent du baume au cœur et j’affronte l’Echelle et le Nez cassé. J’arrive donc à Papaye avec un plus large sourire après 35 Kms de course.
La suite est la partie la plus dure de la course, une traversée de Papaye aux Mamelles, 28 Kms dont très peu où la course est possible, à cause de nombreux passages boueux ou archaïques. Jusqu’au refuge Frébault je partage le chemin avec Damien Poulet. De bons moments et de bons souvenirs. Damien veut faire une pause, moi je préfère aller le plus loin possible de jour, c’est donc seul que j’attaque la deuxième partie. Je passe assez bien le Morne Moustique et Merwart. Par contre, comme lors de la reco, le Piton de Bouillante est interminable. Une petite tentative de sieste au sommet car la fatigue se fait ressentir, je cale le réveil à ½ heure plus tard, mais à peine 5 minutes après je tremble de partout, le froid m’a transpercé. Je repars donc, nuit tombante, pour la quasi-totalité en descente qui me mène aux Mamelles.
J’arrive donc aux Mamelles très fatigué et voulant dormir avant de repartir pour la deuxième moitié de course. Mais après m’être ravitaillé et changé (semelles, chaussettes, short, t-shirt) je décide de ne plus me coucher mais de repartir en direction de Pointe-Noire où je verrais à ce moment là si la fatigue persiste toujours. Une partie un peu plus roulante, un Morne : le Piment et une grosse descente plus tard, me voilà en moins de 4h00 et à la 6ème place provisoire au ravitaillement de Pointe-Noire. Une pause de 20 minutes allongé, les pieds à l’air afin qu’ils sèchent un peu, me repose aussi l’esprit. Un concurrent « bruyant » me double au ravito, je repars donc à la 7ème place.
Nous attaquons ensuite une montée infernale par la route au lieu dit de Varin, un Mur, dans une atmosphère proche des Monts Caraïbes. Ensuite nous rentrons dans la forêt pour faire un petit crochet qui nous mènera au pied du Piton Baille-Argent. Je suis alors pris de diarrhée, ce qui m’oblige à faire plusieurs arrêts. Dans la descente, je double le fameux concurrent bruyant et arrive au petit, mais ô combien important, ravitaillement de Beausoleil. J’y retrouve un autre Damien (croisé lors des trails du challenge et au Volcano) assis et pas bien. Les bénévoles me proposent à manger mais je leur dis que mon estomac n’est pas au mieux. Un des 2 bénévoles me dit qu’il a ce qu’il me faut et revient avec des feuilles de Goyavier qu’il me demande de mâcher.
Il avait bien raison, 10 minutes plus tard, plus rien, nous sommes donc dans la montée du piton. Après un petit gel, je décide un peu énervé par ce concurrent bruyant d’essayer de le déposer dans cette montée. J’attaque donc en 2 accélérations et monte malgré les kilomètres accumulés à un bon train. La forme est bonne, le moral au mieux après l’avoir déposé et surtout en sachant que maintenant je me trouve à la 5ème place. Je file donc motivé sur Bêtes Rouges, et passe la partie qui nous mène à Mazeau à une bonne allure. Une succession de descentes et montées dans 3 ravines, avec un passage lors de la dernière auprès d’une belle chute.
Maintenant à Mazeau, il ne me reste plus qu’à « descendre » sur Sofaïa, finalement une partie plus longue dans la tête que je ne l’avais imaginée. Je prends un ravitaillement, rapide, ne voulant pas me faire rattraper, j’apprends être à 1h00 du 4ème, et j’appelle ma puce pour qu’elle me dise où en est mon poursuivant. Il n’est pas encore à Mazeau, j’ai donc environ 2h30 d’avance, le trou est fait.
A Séverin j’arrive avec les pieds « défoncés », des ampoules de partout dont une qui s’est explosée lors d’un choc. Je change de chaussures, de t-shirt, mets ma casquette et repars sous un soleil de plomb pour les derniers 18 Kms à travers villages, champs de cannes, traversées de rivière et de mangrove. Un parcours quasi plat, que je cours dans sa quasi-totalité.
L’Hôtel de ville tarde à faire son apparition, je trouve le temps long, mais c’est finalement après 38h49, que je franchis la ligne d’arrivée de mon premier Ultra Trail. Heureux comme un gamin mais sans vraiment réaliser ce qui m’arrivait, encouragé par ma Team assistance d’excellence et des amis à l’arrivée, j’arrive à finalement moins de 9 minutes du 4ème.
J’écris ces mots plus de 24 heures après l’arrivée et je ne réalise pas encore très bien.
En tous cas, je veux remercier ma puce, qui m’a permis de m’entraîner ces 3 derniers mois (avec une sortie en forêt chaque week-end) et sans qui ce projet n’aurait pas pu se réaliser. Egalement Mitch, Céline, Delphine, JC, Katia et Julien qui m’on assisté lors de la course. Et Cédric pour ces sorties en forêt où il m’a beaucoup appris.
Merci également à tous pour vos messages, qui ont commencé à me faire réaliser la valeur du défi réalisé.
Photos de la course
Photos de l'assistance
Classement
Article France Antilles 1
Article France Antilles 2
Récit du quatrième
Récit de Damien
Videos de ma Transka filmées par ma superbe assistance

CED2013-08-02
Bravo pour ce défi que tu as su affronter et dominer et qui je pense te laissera un souvenir inoubliable. Beau récit. Tu m'as encore plus mis les boules de ne pas y être. Ce serait super cool de grimper et descendre les cirques réunionnais avec toi en 2014 ou 2015...Encore bravo! Et maintenant des vacances bien méritées en famille...!

Lionel F.2013-08-01
Pour une première, c'est une première ! T'es un monstre !!! Bravo Manu

fred N2013-07-31
T es mon idole. RDV pour challenge 2013 2014

aline2013-07-31
moi je dis ... RECPECT !! j'imagine bien que tu dois avoir du mal de réaliser ... 38h de course ... !! après être passé par plusieurs états ... tu as un gros mental Manu !! bravo bravo et encore bravo !! tu peux être fier !! et ta ptite femme aussi !! bisous

Ajouter un commentaire