Association des Hyperinsulinismes
6666 Occitane2015-06-24
En vue de la Diagonale des fous, j’ai cherché un trail d’une petite centaine de kilomètres avec un bon ratio km/dénivelé afin de préparer au mieux ce défi du mois d’octobre.
Sans trop la connaître, même si j’en en avais entendu parler, mon choix se porte sur la 6666 Occitane avec ses 114km et ses 6666m+.
Bien m’en a pris car après lecture, elle est encore, pour cette 6ème édition, annoncée comme « La Course préparatoire à la Diagonale ».
De plus, qui mieux comme organisateur que Mr Antoine Guillon, 8 « Diag » au compteur dont 7 dans les 4 premiers.

C’est en manque de travail en dénivelé négatif et de course à pied en général depuis fin avril que je me présente sur la ligne de départ ce 21 juin à 6h00.
Je ne suis pas des plus sereins pour affronter ce périple à travers le Caroux, je décide donc de partir le plus souple possible et de gérer au maximum les descentes afin de ménager au mieux les « quadris ».

Les 35 premiers km avec leurs 1382m+, annoncés comme un « amuse gueule », se passent bien malgré une forte chaleur. En tous cas, le choix du parcours, souvent sans même la marque d’un quelconque sentier, nous promet un superbe Ultra !
Ensuite, en quittant le ravitaillement des 35km, les choses se gâtent pour moi, je n’ai plus vraiment de force, je monte au ralenti et me traîne dans les descentes, je prends mon mal en patience et il en faudra car cela durera jusqu’à Colombières au kilomètre 49.

En repartant de ce nouveau ravitaillement, nous prenons la direction d’un bloc de difficultés : 16.5km avec 1487m+ et 1527m-. Dans un cadre magnifique (Gorges de Colombières, Cascade d’Albine) qui me redonne des jambes, nous enchainons 3 ascensions à fort pourcentage et des descentes techniques dont une particulièrement aérienne. A priori il s’agit d’un chemin : l’Esquino d’Aze, que je n’ai pas su déterminer au milieu de plaques de roches et/ou cailloux assez souvent instables. Heureusement que le balisage était bien posé dans ces parties vertigineuses.

Nous voilà maintenant à la base vie de Mons La Trivalle km 65.5, j’y prends une douche, me change pour plus de confort en retrouvant le sac que je m’étais préparé, me fait masser et après une petite soupe, je repars bien marqué mais avec le moral pour aller au bout.

Je prends donc la direction de Montahut en passant par Bardou avec son joli paon perché sur le toit d’une maison ! Après une légère descente, nous achevons l’ascension pour au final 1100m+ sur 10km. Le temps est long car je suis seul et le moral est usé par ces enchainements toujours aussi techniques. A la sortie du point d’eau, il est temps de sortir la lampe pour descendre jusqu’à Mauroul où le ravito dans la cabane du chasseur est bien reposant. Je me pause d’ailleurs peut-être un peu trop, les jambes sont plus que lourdes en repartant une deuxième fois vers Montahut. Une pause de 10 minutes au milieu du chemin et c’est parti pour la succession de 2 cols, d’abord le Grifoulas mais surtout pour atteindre le col d’Ourliade par une paroi abrupte que l’organisation a aménagé avec des cordes pour nous aider à gravir ces murs ! Que du bonheur en pleine nuit et en plein vent, non non tu ne te dis pas : « mais qu’est-ce que je fous là !!!! ». C’est ensuite une longue descente qui nous amène au ravito d’Olargues.

Je sens mon ventre se serrer, j’ai les jambes bien fatiguées, et je n’ai pas le moral, c’est dur, nous sommes au 93ème kilomètres avec déjà 5440m+. Je décide de boire une bonne soupe, un coca et de retourner me faire masser le temps de laisser le sang retourner faire un tour près de l’estomac pour que celui-ci fasse son boulot. Bien m’en a pris, tout a l’air de se passer comme ça, je rigole avec les bénévoles, en voici même une qui veut me soigner les pieds, je lui dis : « non, on va laisser les chaussettes », cela a l’air de coller, je me fais un sandwich Tuc/Jambon/Tuc, un dernier coca et je repars affronter ce dernier semi qu’il nous reste à faire.

Direction le pic du Naudech, dernière difficulté. Je me sens bien, je suis en rythme, les jambes répondent et monte en moi la senteur de « l’écurie ». Une fois les antennes passées, la descente vers le dernier ravito du col de la Garlande est encore fort technique et cela défile pas mal pour moi, je rattrape d’ailleurs 3 gars, cela me rebooste encore plus.

A la Garlande, le bénévole m’annonce ma 54ème place, je repars sans trop perdre de temps car maintenant à 11 kilomètres de l’arrivée je suis bien décidé à vite en finir. Je n’oublie pas de continuer à bien m’alimenter en barre énergétique pour avoir le maximum d’énergie, tant pis pour le goût désagréable. Les 8 derniers kilos, que l’on avait bien fait d’aller reconnaître l’avant-veille, merci Johny et Cédric, je vais les faire à une allure que je n’aurais pas imaginée quelques heures auparavant et finir en trombe ces derniers moments.
Je m’en mets d’ailleurs les larmes aux yeux lorsque je me rends compte que je double suffisamment de personnes pour atteindre le top 50 des finishers.

Comme dirait l’autre, « Roquebrun tout le monde descend », et je finis quasi au sprint (pour moi je m’entends) et franchis la ligne en 47ème position à 6h27 du matin soit 24h27min34sec au chrono.
Un petit entretien avec Antoine Guillon, une remise du sac finisher par lui-même, je suis content de le féliciter pour son parcours de vrai trail qui cherche à chaque instant les pires difficultés pour notre plus grand plaisir.
Amis vrais trailers, c’est pour vous une destination à cocher pour vos programmes à venir !

Pour finir, extrêmement heureux de cette fin de course, un peu déçu de ne pas avoir préparé au mieux, enfin peut-être ce que je croyais, il aurait peut-être fallu lâcher prise et ne pas me poser de questions sur cette prépa, peut-être pas si mal que ça… …
En tous cas, la saison peut continuer !!!

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Eric2015-07-01
Si si, même qu'on a eu les boules! Mais de toute façon, on était au taquet, alors...

renaud2015-07-01
Je confirme avoir vu passer un skud dans la descente Vers Roquebrun! Bravo à toi, je faisais parti des 3 personnes que tu as doublé en trombe!

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